Combien de personnes possèdent réellement 1 bitcoin dans le monde

Un seul chiffre met tout le monde d’accord : il y a moins d’un million de portefeuilles à travers le globe qui contiennent un bitcoin entier ou davantage. Face à la masse d’adresses créées, ce constat a de quoi surprendre. Les portefeuilles bien garnis se font rares, tandis que la majorité des utilisateurs détiennent seulement une poignée de fractions. Les poids lourds et les plateformes d’échange pèsent énormément dans la balance, reléguant la détention individuelle d’un bitcoin ou plus à une poignée d’initiés.

Les données extraites de la blockchain changent rapidement : entre la rareté programmée, la spéculation et l’apparition constante de nouveaux investisseurs, la cartographie des détenteurs de bitcoin ne cesse de se redessiner. À l’échelle de la planète, posséder un bitcoin complet reste l’exception, loin d’être la règle.

Comprendre la répartition mondiale des détenteurs d’un bitcoin

Le nombre de détenteurs d’1 bitcoin dans le monde intrigue, fascine, et parfois déroute. Imaginer chaque personne avec sa part de cryptomonnaie relève davantage du mythe collectif que de la réalité. Les chiffres publics de la blockchain sont sans ambiguïté : à peine un million de portefeuilles bitcoin affichent un solde d’un btc ou plus. Face à la population planétaire, c’est peu.

La plupart des portefeuilles hébergent uniquement des fragments de bitcoins. Plus la valeur grimpe, plus ce morcellement s’accentue : acquérir une unité entière devient un privilège, parfois inaccessible. La géographie de cette répartition est loin d’être homogène : on observe des poches significatives en Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest, en Asie de l’Est, avec des communautés très actives en Corée du Sud et au Japon. Certains pays, tel le Salvador, ont propulsé le bitcoin comme monnaie légale, mais cette initiative reste marginale à l’échelle globale.

Pour mieux saisir les raisons de cette configuration, il faut considérer plusieurs facteurs :

  • La polarisation croissante entre institutions financières, investisseurs individuels et les nouveaux venus attirés par les produits d’investissement récents,
  • L’essor des plateformes d’échange qui concentrent la gestion de portefeuilles pour des millions d’utilisateurs en un seul lieu,
  • Les stratégies de certains pionniers ou fonds, qui morcellent leur stock de bitcoins pour limiter les risques ou préserver une part d’anonymat.

La blockchain, de son côté, ne permet pas de distinguer un individu unique d’un portefeuille collectif géré par un organisme ou partagé à plusieurs. Ce flou alimente le brouillard qui entoure le système bitcoin. Prenons le cas de Satoshi Nakamoto, créateur du bitcoin : ses portefeuilles sont visibles, mais savoir qui en détient vraiment le contrôle reste une énigme.

Qui possède le plus de bitcoins aujourd’hui ? Un panorama des principaux acteurs

Impossible d’aborder la question sans évoquer Satoshi Nakamoto. Les estimations avancent qu’il aurait accumulé près d’un million de btc dès le départ, répartis dans plusieurs portefeuilles toujours silencieux aujourd’hui. Cette montagne dormante alimente toutes les hypothèses : Nakamoto domine le classement, loin devant toute entité privée ou publique.

Au-delà de ce cas à part, la carte des plus gros détenteurs se partage entre plusieurs groupes bien distincts. Les plateformes d’échange crypto arrivent en tête. Binance, Coinbase, Bitfinex, par exemple, gèrent d’immenses portefeuilles, alimentés par les dépôts des utilisateurs. Mais une question demeure : qui détient la propriété réelle ? Officiellement, la plateforme conserve les fonds, mais le véritable propriétaire a-t-il la main sur ses bitcoins ? Parfois, la frontière s’estompe.

Depuis 2023, la montée en puissance des fonds indiciels et des nouveaux produits financiers a déplacé l’équilibre. Les sociétés de la finance traditionnelle, telles que BlackRock, accumulent désormais des dizaines de milliers de btc. L’actif rebelle des débuts finit par intégrer les bilans de géants institutionnels, dans une évolution presque silencieuse.

Autre acteur incontournable : le gouvernement américain. Grâce à diverses saisies, notamment lors du démantèlement de Silk Road, les autorités fédérales sont devenues propriétaires de dizaines de milliers de bitcoins. Certains de ces avoirs dorment, d’autres sont vendus lors d’enchères publiques. Chaque mouvement de ces stocks est surveillé de près, car il peut influencer ponctuellement le marché.

Bitcoin sur une carte du monde avec mains de différentes couleurs

Ce que la distribution des portefeuilles révèle sur les tendances du marché

En scrutant la blockchain, un constat saute aux yeux : la concentration domine. Moins de 5 % des adresses contrôlent plus de 85 % des btc en circulation. La promesse d’une crypto-monnaie véritablement décentralisée se heurte ainsi à un paysage où la richesse numérique se concentre dans quelques mains.

Pour éclairer cette dynamique, il est utile de distinguer trois grandes familles :

  • Les micro-détenteurs : souvent de petits investisseurs ou de nouveaux venus, qui ne possèdent qu’une fraction de bitcoin et représentent la majorité des adresses actives,
  • Les whales (baleines) : qu’il s’agisse d’institutions ou de pionniers, ces acteurs détiennent chacun plusieurs milliers de bitcoins,
  • Les portefeuilles gérés par des intermédiaires, plateformes, fonds ou sociétés, qui centralisent les dépôts de millions d’utilisateurs.

Les transactions de faible montant se multiplient, signe d’une adoption progressive du bitcoin par le grand public. Pourtant, le cercle de ceux qui détiennent plus d’un btc s’élargit très lentement. L’effet de rareté, gravé au cœur du protocole, freine la constitution de nouveaux gros portefeuilles.

Ce déséquilibre explique une grande partie de la volatilité des cours. Quelques décisions ou déclarations de la part des plus gros détenteurs suffisent à faire bouger le prix du btc. L’arrivée des investisseurs institutionnels ajoute un nouveau paramètre : en concentrant la majorité des actifs disponibles, ces groupes rendent le marché plus sensible à chaque annonce, tout en renforçant l’image du bitcoin comme réserve, bien loin du fonctionnement d’une monnaie légale émise par une banque centrale.

Au quotidien, le bitcoin, c’est l’histoire d’une immense majorité qui partage de minuscules fragments, pendant que quelques possesseurs de l’unité complète concentrent ambitions et regards. Entre mirage de l’équité et réalité de la rareté, la crypto continue de dessiner un territoire mouvant, où chacun tente de s’inventer une place.

Ne ratez rien de l'actu