Stratégie d’investissement growth : définition, avantages et stratégies

En Bourse, certaines entreprises affichent une valorisation nettement supérieure à leurs bénéfices actuels, défiant les standards traditionnels d’évaluation. Leur potentiel de croissance future attire des investisseurs prêts à accepter une volatilité plus forte en échange d’espérances de rendement élevées.

Des sociétés comme Tesla ou Amazon ont longtemps échappé aux critères classiques de rentabilité, tout en affichant des performances boursières remarquables. Cette approche suscite débats et interrogations, notamment face à la cyclicité des marchés et aux corrections brutales.

Comprendre les grandes familles de stratégies d’investissement en bourse

Pour s’y retrouver sur les marchés financiers, il faut savoir distinguer les grandes stratégies d’investissement. Les investisseurs aguerris ne se limitent plus à l’éternel débat entre actions et obligations. Chacun construit sa route parmi plusieurs styles, pensés pour répondre à des ambitions et des niveaux d’acceptation du risque qui varient fortement.

Voici les principales familles qui structurent l’univers boursier :

  • Value investing : cette approche privilégie les sociétés dont le prix en Bourse paraît sous-estimé par rapport à la valeur réelle de leurs actifs ou bénéfices. Inspirée par Benjamin Graham puis par Warren Buffett, elle s’intéresse surtout aux entreprises jugées matures, parfois boudées par le marché.
  • Growth investing : ici, on vise les entreprises dont la progression du chiffre d’affaires et des profits promet de battre la moyenne. Le prix élevé s’explique par l’attrait de perspectives vraiment ambitieuses.
  • Quality investing : l’accent est mis sur les sociétés robustes, affichant une rentabilité élevée, des comptes sains et une direction fiable. Dans ce cas, la qualité de l’entreprise prime sur la valorisation ou la vitesse de croissance.
  • Opportunistic investing et momentum : ces stratégies cherchent à profiter des tendances de marché à court terme, ou d’anomalies passagères dans les valorisations.
  • GARP (Growth At Reasonable Price) : un compromis entre value et growth, qui consiste à cibler des entreprises en développement mais dont le prix reste attractif au regard de leur potentiel.

Au fil du temps, cette diversité de styles permet à chacun d’élaborer un portefeuille taillé sur mesure. Particuliers comme investisseurs institutionnels jonglent entre ces approches, ajustant leurs choix en fonction du climat économique, du risque et de leurs propres convictions. Les fonds professionnels n’hésitent pas à combiner ces stratégies pour diversifier et viser des performances durables sur plusieurs années.

Pourquoi le growth investing attire-t-il autant d’investisseurs aujourd’hui ?

Ce n’est pas un hasard si le growth investing séduit autant. L’engouement pour les entreprises à fort potentiel de croissance s’ancre d’abord dans une transformation profonde des économies mondiales. Les marchés actions valorisent ceux qui innovent, qui bousculent les codes et qui savent conquérir de nouveaux secteurs. Le secteur technologique en est la preuve vivante : Apple, Microsoft, Amazon, Meta Platforms, Alphabet (Google) ou NVIDIA caracolent en tête avec des croissances spectaculaires, portées par un leadership sur des marchés en pleine expansion.

Les investisseurs cherchent à profiter de cette dynamique : ils misent sur les actions croissance dans l’espoir de voir grimper les cours de bourse année après année. La montée en puissance des ETF et des trackers a rendu cette stratégie accessible à tous, que ce soit à travers l’indice Nasdaq ou via des fonds sectoriels (technologie, santé, industrie, consommation). Le succès du growth investing ne relève pas d’un simple effet de mode. Il s’appuie sur une conviction largement partagée : la capacité d’une entreprise à générer durablement de la croissance constitue le véritable moteur de la performance sur les marchés.

Avec des taux d’intérêt faibles et un rythme d’innovation qui ne faiblit pas, les capitaux affluent vers les sociétés jugées les mieux placées pour capter la croissance des prochaines années. Les investisseurs ajustent leur équilibre entre risque et rendement, privilégiant l’espoir de valorisations décuplées, quitte à mettre de côté les dividendes ou la prudence à court terme. Les succès récents rencontrés par les champions du growth imposent un nouveau référentiel, où la capacité à raconter une histoire de croissance et à convaincre sur le potentiel l’emporte sur les ratios financiers traditionnels.

Growth, value, quality : quelles différences concrètes pour votre portefeuille ?

Trois grandes stratégies dominent les réflexions des investisseurs boursiers : growth investing, value investing et quality investing. Chacune possède ses propres critères, ses codes et son rythme. Le growth investing se concentre sur les entreprises capables de délivrer une croissance rapide, visible dans leurs chiffres d’affaires ou bénéfices. Ce sont les valeurs stars : Amazon, Tesla, NVIDIA. Leur cours progresse sur la promesse d’un futur florissant. Le PER tutoie des sommets, le PEG s’envole, mais la perspective de plus-values justifie, pour beaucoup, d’assumer ce supplément de risque.

À l’opposé, le value investing traque les actions sous-évaluées, souvent au sein de secteurs mûrs comme la banque, l’assurance ou l’industrie lourde. BNP Paribas, Saint-Gobain ou Orange sont de bons exemples. Leur potentiel de hausse repose sur un retour progressif à la moyenne ou sur une amélioration des marges. Ici, les valorisations restent contenues, les dividendes sont réguliers. Mais attention : certaines valeurs peuvent stagner longtemps sans déclencher de rebond.

La troisième voie, le quality investing, met l’accent sur la solidité du modèle économique et la prévisibilité des flux de trésorerie. Les investisseurs recherchent des sociétés dotées d’un véritable avantage concurrentiel, d’une gestion rigoureuse et d’une rentabilité stable. Procter & Gamble, Coca-Cola, Pfizer, Taiwan Semiconductor illustrent cette catégorie. Ces titres traversent les tempêtes, progressent lentement mais sûrement et rassurent par leur résilience.

Grâce aux ETF et aux outils de sélection d’actions, il est possible de combiner ces styles, d’ajuster le curseur selon le contexte ou la propre tolérance au risque. Trouver le bon équilibre entre ces approches transforme la façon dont on anticipe les performances et gère l’incertitude.

Homme d affaires annotant des graphiques financiers dans un espace de coworking

Construire sa propre stratégie growth : conseils pratiques et points de vigilance

Choisir ses supports, jauger ses frais

Pour investir dans la croissance, le choix des supports ne manque pas. L’achat direct d’actions cotées, en mode growth equity, offre une grande liquidité. Les fonds spécialisés (FCPR, FPCI, FCPI) peuvent donner accès à des avantages fiscaux et au marché non coté. À côté, le crowdfunding et le private equity ouvrent la porte à des segments plus dynamiques, au prix d’un engagement long et d’une liquidité réduite. Il est alors indispensable de comparer soigneusement les frais d’entrée, les frais de gestion et, parfois, le carried interest. Ces coûts, invisibles à court terme, creusent l’écart sur plusieurs années.

Détecter le potentiel et sécuriser le risque

La sélection des entreprises fait toute la différence. L’objectif : repérer celles combinant une croissance solide du chiffre d’affaires, une rentabilité avérée et une expansion dans des secteurs porteurs (technologies, santé, biens de consommation, industrie). Des outils comme Zonebourse, Investing.com ou Seeking Alpha permettent de comparer perspectives, multiples de valorisation et solidité du modèle. La diversification internationale reste une arme pour lisser la volatilité propre à chaque titre.

Quelques points de vigilance méritent toute votre attention :

  • Sur le plan fiscal, le PFU 30% s’applique aux plus-values, mais certains supports logés en assurance-vie offrent une fiscalité différée.
  • La taille des opérations compte : en 2024, le marché français du private equity a vu la valeur des transactions progresser de 18 %, signe d’un dynamisme qui ne faiblit pas.

Les règles du jeu évoluent vite. Il faut donc adapter ses choix, rester attentif à la croissance des secteurs et ne jamais sous-estimer le risque de marché, que ce soit lors de l’achat ou de la sortie.

À l’heure où les marchés n’hésitent plus à récompenser l’audace, la stratégie growth s’impose comme une aventure exigeante : promesse de rendements et test permanent de la discipline, elle demande une vigilance de tous les instants. À chacun de trouver le juste tempo, entre ambition et lucidité.

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